La pierre de Pilate

La pierre de Pilate est un bloc endommagé (82 cm x 65 cm) de calcaire sculpté portant une inscription partiellement intacte attribuée à Ponce Pilate, préfet de la province romaine de Judée de 26 à 36 apr. J.-C., qui ordonna la crucifixion du Christ. La pierre a été découverte sur le site archéologique de Césarée Maritime en 1961.

Jusqu’à l’été 1961, il n’existait absolument aucune preuve archéologique démontrant l’existence réelle de Ponce Pilate, figure centrale des Évangiles du Nouveau Testament. Cet objet est particulièrement significatif car il s’agit de la découverte archéologique d’une inscription romaine authentique du Ier siècle mentionnant le nom de « Pontius Pilatus ». Contemporaine de la vie de Pilate, elle concorde avec ce que l’on sait de sa carrière. De fait, cette inscription constitue la plus ancienne et la seule trace contemporaine de Pilate, connu par ailleurs grâce au Nouveau Testament, à l’historien juif Josèphe et à l’écrivain Philon, ainsi qu’à de brèves références d’historiens romains comme Tacite.

En juin 1961, cependant, alors qu’elle travaillait dans les ruines côtières méditerranéennes de Césarée Maritime, une équipe dirigée par l’archéologue italien Antonio Frova a découvert un important morceau de calcaire (82 cm x 65 cm) portant le nom de « Ponce Pilate ». L’inscription latine se lit comme suit :

[DIS AUGUSTI]S TIBERIÉUM (Au Divin Auguste [ce] Tibérie)

[…PONTI]US PILATUS (…Ponce Pilate)

[…PRAEF]ECTUS IUDA[EA]E (…préfet de Judée)

[…FECIT D]E[DICAVIT] (…a dédié [ce]).

Au Divin Auguste (ce) Tibérie

… Ponce Pilate

… préfet de Judée

…a dédié (ce)

L’inscription indique que Pilate avait construit un « Tibérie » – manifestement un temple à Césarée ou à proximité, dédié à l’empereur romain Tibère, qui régna de 14 à 37 apr. J.-C. De toute évidence, comme d’autres, Pilate cherchait à flatter l’empereur. Césarée, « Palais des Procureurs », est un lieu d’un immense intérêt néotestamentaire. C’est là que l’apôtre Paul fut emprisonné pendant plus de deux ans sous les gouverneurs romains Félix et Festus (Actes 23:31-35 ; 24:27) et qu’il prononça son célèbre discours devant Festus et Agrippa (rapporté dans Actes 26).

Il n’est tout simplement plus défendable d’affirmer que Ponce Pilate n’a jamais existé. Et, si la réalité démontrable de Pilate ne prouve certainement pas que Jésus soit ressuscité des morts, qu’il ait expié nos péchés, ou qu’il mérite notre dévotion en tant que notre divin Seigneur, elle constitue un élément important de la preuve cumulative de la fiabilité des récits évangéliques, qui affirment pourtant tout cela. En réponse à la question de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jean 18:38), le Nouveau Testament déclare que Jésus lui-même existe (Jean 14:6).